Les herbicides peuvent stresser les cultures

Les herbicides s’avèrent de précieux alliés pour les producteurs. En théorie, ils ne sont pas censés nuire aux cultures pour lesquelles on les recommande. Elles y sont tolérantes, c’est-à-dire qu’elles disposent de la capacité de neutraliser la molécule active de l’herbicide. Toutefois, en pratique, les applications herbicides ont souvent un certain effet phytotoxique sur les cultures. Feuilles enroulées et tiges déformées sont deux des signes les plus souvent observés.

Ce stress affecte-t-il leur rendement? En dépit du fait que plus des deux tiers des producteurs utilisent des herbicides (selon Statistiques Canada, données 2013), cette question a été peu explorée par les chercheurs qui s’intéressent aux stress abiotiques. Leurs travaux se concentrent sur les effets d’autres sources de stress comme la sécheresse ou les températures extrêmes.

C’est pourquoi l’équipe du Dr. Don Smith, de l’Université McGill, à Montréal, s’est engagée dans cette voie. Elle mène depuis 2015 un projet de recherche portant sur l’effet phytotoxique des herbicides dans le maïs, le soya et le blé. Leurs premiers résultats confirment que cet effet est bien réel.

Pour évaluer cet effet, les chercheurs utilisent comme repère le niveau d’activité photosynthétique des plantes. Diverses recherches démontrent que la croissance et le développement des plantes sont étroitement reliés à leur niveau d’activité photosynthétique.

Dans le cadre d’essais en champ, l’équipe de l’Université McGill a évalué le niveau d’activité photosynthétique de plantes ayant reçu à la fois un biostimulant et un mélange herbicide. Elle a comparé ce niveau à celui de plantes où seul le mélange herbicide était utilisé. Différents herbicides étaient testés : bromoxynil/MCPA et glyphosate plus atrazine/dicamba dans le blé et le maïs; glyphosate et chlorimuron ethyl dans le soya. En ce qui a trait au biostimulant, on a employé le CropBooster 2.0 dans le maïs et le blé, et le RR SoyBooster 2.0 dans le soya.

Tant en 2015 qu’en 2016 et en 2017, les parcelles traitées avec un mélange biostimulant-herbicides ont affiché en général un meilleur rétablissement de l’activité photosynthétique, qu’il s’agisse du maïs, du soya ou du blé.

Le nombre de répétitions de parcelles n’était pas suffisant pour obtenir des résultats statistiquement différents entre les traitements. Toutefois, les chercheurs ont constaté que les parcelles soumises au traitement herbicides+biostimulant tendaient à afficher une meilleure productivité. Ils concluent qu’un niveau de répétition plus élevé aurait pu déboucher sur des résultats significatifs.

 
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